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recueil de poèmes sur mes états d'âme

La boîte de Pandore

Publié le 11 Février 2016 par Lourenço Pereira Rosa Maria

J'ai remonté un peu le temps, le temps d'une enfance.

J'ai vu cette petite fille pleurer, parce que son frère ne voulait pas d'elle pour jouer. Je l'ai prise par la main, et je suis allée le voir, en lui demandant pourquoi il ne voulait pas d'elle.

Il m'a dit qu'il la détestait, qu'il ne l'aimait pas. Ces mots dans la bouche d'un enfant, m'ont transpercés le cœur, parce qu'ils sont fort et violents à la fois...et l'on se demande pourquoi ces mots ?...

Alors j'ai voulu savoir pourquoi, et il n'a pas vraiment su me répondre.

La seule chose qu'il ait su me dire, c'est : C'est comme ça, je ne sais pas.

Et je lui ai expliqué mon histoire, avec mes deux frères.

Je lui ai dit qu'enfant, on se chamaillait souvent comme tous les enfants, mais que j'avais eu la chance d'avoir des parents qui nous aimaient beaucoup et qui nous avaient inculqués cette notion de respect entre nous.

Je lui ai dit que dans sa vie, il croiserait beaucoup de personnes bonnes ou pas, et que seul le lien fraternel était le bien le plus précieux. J'avais été élevée comme ça, sans aucun sentiment de différence, et l'amour que l'on se portait valait plus pour moi que tout l'or du monde.

Qu'il fallait lui aussi qu'il respecte sa sœur, car c'est de cette seule façon qu'elle le lui rendra plus tard. Et qu'il pourrait toujours compter sur elle, s'il en avait un jour besoin.

J'ai vu des larmes monter dans ses yeux et je l'ai pris dans mes bras, parce que j'ai senti que mes paroles l'avaient beaucoup bousculé. Je l'ai laissé pleurer tant qu'il en avait envie, parce que je voyais l'importance que lui procurait un tel chamboulement.

Plus tard, l'un de mes fils, m'a dit que je l'avait beaucoup touché. Je n'en ai pas su plus, mais j'ai compris qu'il m'en était reconnaissant.

Quelques années plus tard, j'ai gardé cette jeune fille une bonne partie de la journée.

Dans la matinée, elle m'a mal parlé à deux reprises, et je me suis tue, parce que je ne voulais pas casser cette petite journée passée avec elle.

Puis à table, elle a recommencé et là, je n'ai pas pu me taire.

Je lui ai dit que j'étais très contente qu'elle passe un moment avec moi, mais qu'il était hors de question qu'elle me parle comme si j'étais un chien. Elle m'a répondu que chez elle c'était comme ça qu'ils se parlaient.

Et à mon tour je lui ai répondu, que chez moi c'était différent. Que jamais je ne laisserais mes enfants me parler mal.

Elle m'a dit : pourquoi sinon tu leur mets une baffe ?

Et je lui ai répondu, que chez moi, on n'avait pas besoin de ça pour dialoguer et que je préférais de loin le dialogue et les explications.

Alors elle s'est tue, et notre journée s'est très bien passée par la suite.

En repensant à ces souvenirs, je ne peux m'empêcher de constater que nous parents sommes totalement responsables de leurs paroles et comportements.

J'aime ces deux enfants comme les miens et parfois je me demande s'ils le savent vraiment.

Il y a quelque temps à peine, nous avons tous traversés un violent orage qui a fait plus de dégâts que la tempête xynthia.

On a incriminé une seule personne sur laquelle toute notre attention s'est portée.

Puis avec le temps, j'ai cherché à voir plus loin. J'ai analysé certains comportements. J'ai repensé à ces enfants, à cette mère. Beaucoup de ces souvenirs sont remontés, des souvenirs que l'on met dans un petit coffre fermé à double tour. Des souvenirs parfois douloureux qu'on ne voulait surtout pas revoir monter à la surface, parce que la vie continue. Parce qu'on essaie de trouver un plan B.

Puis il suffit d'un petit rien pour que la clé ouvre à nouveau la serrure.

Et de se souvenir à quel point ces enfants comptent pour nous et pourquoi on a pas réagit avant. Peut-être aussi parce que nous ne connaissions pas tous les aboutissants.

Parce que finalement, on croyait que tout le monde était heureux.

Et puis un jour ce garçon devenu ado, vient se confier à moi. Il ouvre peu à peu sont cœur, et je lis dans son visage tant de peine, et je remonte alors à cette image qui me rappelle ce passage avec sa sœur.

Tout revient d'un coup, et je ne peux plus fermer les yeux, parce que je l'aime et parce qu'il a réellement besoin de cet amour et surtout ce cette écoute.

Alors j'ai ouvert la boîte de pandore, en sachant que je ferais sortir tous les démons.

J'ai cliqué en connaissance de cause, lorsque j'ai envoyé mes maux.

Je crois que beaucoup n'ont pas compris car au fond, eux non plus ne connaissent pas tous les aboutissants.

J'ai pensé très fort à cette famille et j'ai compris que jamais ils ne s'en sortiraient.

Parce que chacun d'eux se tait...

Parce qu'ils ont peur de lever le voile...

Parce que comme pour moi, ils pensent que le temps panse toutes les blessures, alors qu'elles fermentent jusqu'à ce qu'elles explosent.

Parce que la peur du non dialogue prend la place sur le silence et le renferment.

Parce qu'il faut beaucoup de courage pour réagir et se remettre en question.

Mais surtout parce que les douleurs dues aux enfances, mettent un frein au pardon, et que pardonner nous renvoie inévitablement à ces souvenirs que l'on veut enfermer à tout jamais.

Alors monte un sentiment d'injustice, de frustration, de déception, de rancœur, de colère, un cocktail explosif conduisant à ces silences et à ces non pardons.

J'ai cru ouvrir la boîte de Pandore, mais elle l'était déjà.

Parce que la colère et la haine, commencent très tôt. Parce qu'enfant, il n'y a pas toujours cette personne qui nous permet de comprendre.

Cette personne qui nous tend la main, ou qui s’intéresse à nous, lorsqu’on réagit avec notre vue d'enfant.

Parce que nous même sommes cette boîte de Pandore, dans laquelle on se referme et on s'isole, avec nos souvenirs douloureux.

Et surtout parce que personne n'ose bousculer cette boîte de peur de déclencher un cataclysme.

Alors oui, j'ai ouvert votre boîte parce que j'ai trouvé une clé.

Cette clé était un ado en souffrance qui essayait de sortir cette boîte. Alors j'ai regardé au fond de son cœur et j'ai écouté ses battements.

J'ai essayé de comprendre et de me souvenir et j'ai compris que le passé n'était pas la seule faille.

Qu'il fallait chercher un autre abcès, et que celui-là causait aussi des souffrances.

Alors j'ai voulu au travers de mes mots, faire comprendre qu'il n'existe pas toujours autour de nous, une seule et unique personne qui soit la cause de nos souffrances, mais qu'il peut en exister plusieurs, même différentes.

Cela passe par la douleur d'une réalité qu'on essaie souvent d'étouffer, mais qui est nécessaire pour sa reconstruction affective ou sentimentale.

Cela passe par une prise de conscience, une remise en question, un dialogue, mais surtout par deux mots, qui à eux seuls sont la véritable clé de notre bonheur :

LE PARDON

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