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recueil de poèmes sur mes états d'âme

C'est quoi la mort?

Publié le 3 Mai 2016 par Lourenço Pereira Rosa Maria

La mort commence tout d'abord par la vie, car dès qu'on met un pied sur cette terre, on sait que c'est cette même terre qui nous emmènera tôt ou tard, vers un lieu bien différent de celui qui nous a vu naître dans le ventre de nos mères.

Quand on est un enfant, on est bien loin de toutes ces craintes, mais pas pour longtemps malgré tout.

Dès que nous sommes en âge de comprendre que notre vie est fragile comme du cristal, nous ne sommes pas si vieux.

Je me souviens enfant, je pleurais quelquefois le soir, et m'imaginant que mes parents pouvaient disparaître et je me souviens aussi, que je n'avais qu'une crainte, c'était de savoir ce que je deviendrai sans eux.

J'adore mes parents, mais comme tous les enfants, il y a des fois où nous étions souvent en conflit, comme beaucoup d'entre nous j'imagine.

Puis j'ai passé cette période, presque adulte, où j'ai travaillé pour des personnes âgées, auxquelles je me suis énormément attachée. Je me souviens de la peine que j'ai ressentie longtemps après leur décès.

Je n'en ai oublié aucunes, car toutes ces personnes étaient vraiment formidables, un peu comme des seconds parents...

Il y a même des fois, où je me suis sentie plus proches d'eux, que de mes propres parents, car avec eux, je pouvais parler de tout, chose qu'il m'était souvent impossible avec mes parents. Certainement parce que c'était ainsi, tout simplement.

Je me souviens avec honte que je me disais que si je perdais un jour ma mère, je crois que cela ne me ferai ni chaud ni froid, car nous avons eu des passes difficiles émotionnellement parlant.

Aujourd'hui, je sais que je disais cela dans un état de colère, car au fond, la colère ne vient t-elle pas aussi de l'amour ?

Aujourd'hui, ils sont vieux et malade.

Mon père se bat depuis trois ans avec un cancer et jusqu'au bout, il a gardé un moral d'acier. J'avoue aujourd'hui que je suis extrêmement fière de lui. Son état décline depuis quelques mois et le cancer s'est généralisé.

La seule chose que je pourrais reprocher, c'est de ne pas avoir été contactée par son spécialiste, et de ne pas être assez informé de son état. Il a fallu que je pose des questions pour mieux cerner la gravité de son état.

Quand la maladie devient alors la porte ouverte vers ce monde qu'on appelle « la mort » et que personne ne nous y prépare, on passe par des moments de colère, de tristesse et de négation.

Nous ne sommes jamais prêt à accepter que même nos parents puissent mourir, même si cela fait partie de l'ordre des choses comme tant de gens disent.

Je suis passée par toutes ces phases, et j'ai pleuré bien plus que lorsque j'étais enfant, car là, je ne suis plus dans de l'imagination, mais dans une bien triste réalité.

Dans le mot « mort », il y a le mot « fin ». Mais je ne suis plus tout à fait d'accord avec ce sens.

Parler de la mort effraie pas mal de personnes et surtout les jeunes, car comment accepter qu'on ne puisse plus revoir les gens qu'on aime. Pour nous, cela est inconcevable.

Je vous avouerais que la mort me fait peur, parce qu'on l'associe trop souvent avec le mot, souffrance.

En fait pour moi, c'est surtout ce mot « souffrance » qui m’effraie, car mourir, c'est s'endormir tout simplement. Quand on s'endort le soir, c'est comme une petite mort qui se répète à l'infini, car on est jamais certains de revoir le soleil se lever le lendemain. Pourtant, on ferme les yeux, sans se poser de questions.

Quand je vois mon père, je découvre chaque jour qui passe, une personne fatiguée et usée, presque filante...

On lui ponctionne de l'ascite au niveau de l'abdomen depuis quelques semaines, et cela revient presque aussi vite.

Pour moi, dans cet état de vie, je considère la mort, comme une amie qui l'accueille et qui nous propose la main qu'elle lui tend.

Il ne connaît pas la gravité de son état, et il ne le lira pas dans mes yeux.

Aujourd'hui, je comprend avec les années, combien j'ai eu la chance d'avoir mes parents.

Il est si regrettable de systématiquement se rapprocher de la mort, pour comprendre combien ceux auxquels on tient, sont important à nos yeux.

Je remercie le ciel, de les avoir eu, même si tout n'a pas toujours été rose.

Et je remercierais aussi le ciel, quand il décidera de me le reprendre, car ce n'est pas sa mort à présent qui m'effraie, c'est surtout le fait qu'il puisse souffrir.

Cela cause moralement plus de chagrin que la mort proprement dite.

J'ai au fond de ma mémoire, depuis que je suis enfant, tous mes meilleurs moments de la vie passée avec lui et combien aujourd'hui, je suis heureuse de les avoir vécue.

Je m'en souviens comme si c'était hier et je ne me souviens que des bons, peut-être est-ce mon côté optimiste !

La mort ne m'enlèvera jamais ça, et aujourd'hui j'ai compris que je n'ai plus peur d'elle.

Je prie tous les jours, pour qu'elle ne lui soit pas douloureuse, et je sais que ça se passera comme ça.

Je le sais, tout simplement...

Une de mes amies m'a dit que je pensais trop à l'avenir, l'avenir de son état, celui de ma mère, qui a une début d'Alzheimer, et que je passais à côté du présent.

Je me suis rendue compte qu'elle avait entièrement raison.

Je téléphone tous les jours à mes parents, et je passe très souvent, car c'est vrai, que ce n'est pas après-demain qu'ils auront besoin de moi.

C'est aujourd'hui, et c'est maintenant que je dois être là, et c'est aujourd'hui qu'ils me verront m'occuper d'eux, garder le sourire, et surtout savoir combien je les aime.

La mort, ne m'enlèvera jamais son sourire, ni son souvenir, et encore moins son amour.

J'ai compris cela et je l'ai accepté. La mort, au font qu'est ce que c'est ?

Simplement une enveloppe charnelle qui entoure une âme, et une âme ne meurt jamais.

Je pleurerais quand viendra le moment, parce que cette enveloppe me manquera et qu'inévitablement, la prochaine sur la liste, ce sera ma mère... ce sera moi...et ce qui me réconforte c'est que quand viendra mon tour, je sais que la-haut, nous serons à jamais heureux, car plus rien ne nous séparera.

Ainsi va la vie, cette vie qui s'acharne à faire de chaque espèce sur cette terre, un être éphémère.

Ainsi va la mort, cette étape à suivre, qui nous invite surtout à aimer la vie, profiter pleinement de chaque moments qu'elle nous offre, ne pas la gaspiller bêtement en colère, haine, ou guerre, mais plutôt en espoir, respect, pardon, mais surtout en Amour.

La maladie de mon père m'a appris une chose, c'est que jamais, je ne gâcherais le temps qu'il me reste de la sienne ou de la mienne à essayer d'avoir peur de la mort, et j'ai appris surtout qu'elle ne me fait plus peur. Je l'attendrais comme on attend une amie, et dans son cas, je l'attendrais comme une délivrance à son état, pour le respect qu'il mérite depuis tant d'années.

Je t'aime Papa, avec un grand A...

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